14 janvier 2007
Les films ont la cote.
Trop de films tue le film
Le monde du cinéma évolue, évolue étrangement. Ne fusse que par l'arrivée exessive de films dans les salles, et le peu de temps qu'ils restent à l'affiche. On l'a toujours su, le cinéma, en plus d'un art, est une valeur commerciale ; sans les producteurs, aucun film ne verrait le jour. Mais si le temps c'est de l'argent, pourquoi ne pas l'appliquer à la durée des films dans les salles ? Les grandes productions hollywoodiennes prennent la place des petites productions, qui méritent pourtant souvent une place de choix dans la bagage du cinéphile, et les cinémas labellisés "Arts et Essais" jouent le dernier Beson - mais leur économie est souvent fragile, et les rentrées de ces films est souvent un facteur monétaire important. Le sujet du jour n'est pas là, bien qu'il serait idéal d'y consacré une étude plus approfondie (1).
(1) Lire Les Cahiers du Cinéma n°618, décembre 2006.
L'éloge d'un cinéma théorique
S'il faut connaitre les règles pour mieux les contourner, il faut maîtriser une certaine théorie pour réaliser, composer, écrire. Mais ce n'est pas une déclinaison d'un théorème donné. Pour une science exacte, il est aisé de donner une valeur chiffrée à une application, qui la jugerait avec exactitude dans une échelle de juste ou de faux, puisque ces règles sont basées sur une logique adoptée par chacun. Les règles de l'art ne permettent pas cette "simplicité" de correction, puisqu'à il y a une infinité de créations possible, et que chacune d'elle sera le résultat de propres règles. Personne n'aura jamais un degré de connaissances (artistiques) suffisantes pour noter un film - ou tout autre oeuvre créatrice - et aucune échelle de valeurs ne sera jamais acceptable. Il est absurde, et même passablement prétencieux, de penser accéder à cette connaissance, et donc pouvoir donner une note, aussi aproximtive soit-elle, d'un film donné. De plus, ces "note", qui de plus en plus envahissent les magazines et autres repères cinématographiques, sont l'oeuvre d'un avis personnel et général, qui sera peut-être partagé par certains, et pas pour d'autres, et n'apporte donc aucune indication sur la réelle qualité du film. La note globale du film n'indique pas si les lumières sont sublimes, l'intrigue passionnante mais les acteurs peu convaincants, ou si la mise en scène est confue ; on espère qu'au moins l'article qui laccompagne - si toute fois il y en a un -, éclaircit ces point. Elles sont du même niveau que l'habituel "T'as aimé le film", à la sortie d'un cinéma, le temps de méditation en plus.
Ceci mis à part, il faut des avis pour faire évolué le cinéma, comme il faut du bons et du mauvais pour pouvoir distinguer l'un de l'autre, mais peut-être pas sous cette forme. Ca n'implique en aucun cas que chaque avis soit identique, mais bien qu'il soit exprimé selon chaque travail effectué pour réaliser un film, ses plus et ses moins.
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09 janvier 2007
Quand la politique détruit le cinéma.
Préambule d'un songe d'une nuit d'hiver
Mercredi soir, devant le cinéma. Une file qui grandit, grandit, grandit, ... Pas découragé pour si peu, c'est seulement 20 minutes d'attente que devront subir mes compagnons et moi-même. The Departed (Les infiltrés), le dernier Scorsese est sortit il y a peu, mais c'est sûrement pour Besson que les gens payeront le prix - de plus en plus cher - de l'UGC, un soir de pluie. Enfin à la caisse, on me prévient qu'il ne reste plus que 8 places, au premier rang. Non, ce n'est pas possible ! Il me fait un minimum d'espace vital, surtout si le film, projeté sur grand écran, dure 2h30, au premier rang, alors tant pis pour le Scorsese. Il nous reste alors deux solutions : partir (pas question d'avoir fait tout ce trajet pour rien !), ou aller voir un autre film. Là aussi, plusieurs possibilités. Little Miss Sunshine me tente, mais fruit du malheureux hasard, un de mes camarades l'a déjà vu. La caissière nous presse, la file derrière nous ne désempli pas, et notre société capitaliste taxe le temps. Un dernier coups d'oeil aux affiches ; c'est An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange) qui tombe, les jeux sont faits, rien ne va plus. Voilà comment, grâce à Scorsese et à l'UGC, on tombe sur une insulte politique.
Insulte politiquo-morale
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, l'idée est bonne, et le monde va mal. Lorsque le noir est fait, que le film commence, il ne faut pas longtemps pour découvrir le style du film. Un exposé, que le "futur ex-président" présente pour la xième fois, monté mais pas trop, où les arguments sont connus, mais bons à rappeler. La pollution, l'eau, ... tout y est. Mais seul point noir à ce paysage écologique, le but à peine caché du film. Si la vérité n'est pas occultée quant aux éléments négatifs qui posent aujourd'hui problème, les leçons d'écoles sont entrecoupées d'un propagande pure et simple, Al Gore - qui présente déjà l'exposé - fait sa propre éloge. Je peux vous dire qu'il est bon Américain ! Il a grandit dans une ferme, et a vécu juste ce qu'il faut d'évènements dramatiques pour connaître la vie sans être déséquilibré. Un certain nombre d'insultes, plus ou moins directe, rende le contenu encore plus médiatique. "Elisez moi et pas les autres", c'est pratiquement ce que nous dit ce brave Al. La réalisation est d'un banal. Des flash-back esthétiquement douteux ont une double utilité : d'abord nous rappeler, à juste titre, que ces paysages (qui ont bercé l'enfance de celui-pour-qui-vous-feriez-bien-de-voter) menacent de disparaître, sans oublier de faire appel à notre sensiblerie, secondement, comme il le précise lui-même, de vous montrer encore et encore qu'il est un bon Américain et que voter pour lui : c'est bien ! Enfin, selon votre degré de tolérance, vous serez touché, outré, ou les deux. En tout les cas, on n'était que trois à ne pas applaudir à la fin du film.
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